Communiqué de Gaëlle Rougier, Adjointe à l’Éducation pour la Ville de Rennes

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Les inquiétudes qui s'expriment aujourd'hui face à la future carte scolaire en Ille-et-Vilaine et en Bretagne sont pleinement justifiées au regard des suppressions de postes et donc des nombreuses fermetures de classes annoncées par l'Éducation Nationale. Au-delà des ajustements liés à la démographie scolaire, c'est surtout la dégradation continue des conditions d'enseignement et d'accueil des enfants et des adolescents que dénoncent enseignants et parents.

La Bretagne avait été jusqu'alors relativement préservée mais les suppressions de postes qui se profilent annoncent une situation difficile dans nombre de communes. À Rennes, si la démographie scolaire reste toujours dynamique, un ralentissement se fait sentir, faisant craindre à l'avenir des fermetures mais aussi des non-ouvertures de classes qui nuiront tout autant aux conditions d'enseignement et donc d'accueil des enfants.

La France reste très mauvaise élève en matière d'effectifs d'élèves par classe. La baisse démographique aurait dû être l'occasion de rattraper le retard sur les autres pays de l'OCDE. L'occasion aussi de renforcer l'accompagnement éducatif dans les écoles en réseaux d'éducation prioritaire (REP) et des écoles dites "orphelines" qui accueillent une grande mixité sociale sans moyens supplémentaires. A l'inverse, le choix gestionnaire du gouvernement de suppression massive de postes risque de tendre encore un climat scolaire sous pression.

En REP, les nombreuses démarches d'accompagnement social ou médico-social des enfants, l'arrivée de nouveaux élèves tout au long de l'année, l'accueil des enfants primo-arrivants ne parlant pas encore français, les difficultés scolaires autour de contextes familiaux complexes, nécessiteraient des moyens éducatifs renforcés, à l'image de ce qui avait été pensé avec les RASED, ces enseignants surnuméraires dédiés à l'accompagnement des difficultés scolaires et qui permettent d'augmenter les temps de décharge des directions d'école.

Je n'oublie évidemment pas l'accueil des enfants en situation de handicap qui nécessiterait des AESH en nombre suffisant et travaillant dans des conditions suffisamment attractives pour pouvoir les recruter et les former afin de progresser vers une école réellement inclusive.

Depuis maintenant deux mandats sous la présidence d'Emmanuel Macron, une approche purement gestionnaire de l'école s'est installée, doublée d'un mépris au niveau national du dialogue social avec les syndicats enseignants. On peut légitimement se demander quelle vision porte le gouvernement pour l'école publique et quel est le projet pour nos enfants. On ne peut égrener chaque année les grandes priorités de l'école (l'école inclusive, lutte contre le harcèlement scolaire, le plan filles et mathématiques, un plan collèges en progrès, etc.) sans donner les moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs.

J'ai pu constater aussi le peu de cas fait des collectivités dans les choix stratégiques en matière d'éducation au niveau national. Les enseignants et les parents ont raison de se mobiliser, leur ras-le-bol est légitime et je leur apporte tout mon soutien.