Le budget 2026 de la Ville de Rennes s'élève à 479 millions d'euros

27/04/2026

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Les élus municipaux ont voté le budget primitif (BP) 2026 de la Ville de Rennes, budget de transition à la charnière entre deux mandats ; il s'élève à 479 millions d'euros. Dans un contexte marqué par les incertitudes internationales, l'instabilité politique nationale et la crise des finances publiques, la Ville place le service public local au cœur de son projet pour en faire un levier de solidarité et de transition écologique. Pour cela, le niveau d'investissement reste élevé.


Le budget consolidé de la Ville de Rennes pour 2026 s'élève à 479 millions d'euros, dont 342 millions d'euros pour les dépenses de fonctionnement et 137 millions d'euros pour les dépenses d'investissement (pour rappel : le budget consolidé de la Ville de Rennes est composé du budget principal, des budgets annexes des Zones d'aménagement concerté (Zac) et du budget annexe relatif à la production d'énergie photovoltaïque). Le budget consolidé atteignait 460 millions d'euros en 2025.

Le budget principal (le budget de la Ville de Rennes sans les budgets annexes) s'établit à 475 millions d'euros, dont 338 millions d'euros en fonctionnement (+7 millions d'euros par rapport à 2025) et 137 millions d'euros en investissement (+16 millions d'euros par rapport à 2025) dont 91,4 M€ de dépenses d'équipement. En maintenant un fort niveau d'investissement, la Ville de Rennes réaffirme son engagement en faveur des transitions sociales et écologiques. Les dépenses de fonctionnement connaissent une hausse liée notamment aux dépenses de personnel, en grande partie sous l'effet de la hausse des cotisations employeur à la CNRACL décidée de manière unilatérale par l'État en 2025 et étalée sur 4 ans.

Dans un contexte géopolitique incertain et une crise des finances publiques, un engagement renouvelé en faveur des services publics et d'une transition écologique juste et solidaire. 


Ce nouveau mandat s'ouvre dans un contexte marqué par de fortes incertitudes, liées à la situation internationale, à l'instabilité politique et à la crise des finances publiques au niveau national. Cette année encore, l'État maintient sa pression sur les finances des collectivités locales. L'impact de la loi de finances sur la Ville de Rennes est estimé à 900 000 euros auxquels s'ajoutent les conséquences de la hausse des cotisations à la caisse de retraite CNRACL décidée par l'État en 2025 et étalé sur 4 ans, soit un impact cumulé de plus de 10 millions d'euros à l'horizon 2029.

Dans ce contexte, le budget primitif 2026 assure la transition entre deux mandats. Il permet à la fois à la Ville de poursuivre les actions engagées dans le cadre des politiques publiques ambitieuses (en faveur notamment de la transition écologique, d'une ville solidaire, de l'éducation et de la petite enfance, de la culture, des loisirs, du sport, de la santé), d'initier les premières mesures issues du programme municipal, et de se donner le temps nécessaire pour intégrer à la stratégie financière les contraintes et incertitudes actuelles afin de pouvoir déployer, de manière sereine et déterminée, le projet de ce nouveau mandat.

Le niveau élevé d'investissement, permettra notamment de :

  • soutenir le tissu associatif ;
  • accompagner le renforcement des effectifs de la police municipale ;
  • accentuer la végétalisation des espaces publics ;
  • revitaliser des bâtiments emblématiques comme le Palais Saint-Georges ;
  • poursuivre la rénovation des infrastructures sportives, scolaires et des bâtiments municipaux ;
  • réaliser des aménagements ou réaménagements d'espaces publics ;
  • lutter contre la précarité à travers une pluralité d'actions ;
  • favoriser l'accès à une offre de soin de proximité ;
  • etc.

Le soutien aux acteurs qui contribuent à la vitalité de Rennes est préservé, conformément aux engagements pris : les partenaires associatifs bien sûr, mais aussi toutes les entreprises qui bénéficient des investissements et des infrastructures publics.

La répartition du budget consolidé 2026

Dépenses de fonctionnement : en progression modérée pour préserver les services publics

Les dépenses de fonctionnement répondent aux enjeux de qualité du service public et de cohésion sociale. Malgré un contexte budgétaire qui reste difficile, en ce début de mandat, la Ville maintient le cap avec une hausse des dépenses de fonctionnement de 3 millions d'euros pour poursuivre ses ambitions en matière de transformations sociales et écologiques.

Quelques illustrations :

  • Afin de répondre aux besoins des familles et de garantir un accueil de qualité pour les enfants de moins de trois ans, la Ville de Rennes mène une politique volontariste en matière de petite enfance. Pour conforter l'offre (associant crèches municipales, structures associatives et accueil chez les assistantes maternelles), la nouvelle crèche Poupig va ouvrir.
  • La participation de la Ville au programme "Hospitalité", dédié notamment à l'hébergement des personnes migrantes, se poursuit avec un nombre de places stabilisé dans le parc hôtelier et des actions renforcées en matière de gestion de la salubrité sur les sites d'accueil.
  • Le budget global de soutien aux acteurs culturels de la Ville de Rennes est maintenu à 14 millions d'euros.
  • Les dépenses de maintenance de la vidéo protection augmentent, en lien avec l'évolution du nombre de caméras.
  • Pour maîtriser la consommation énergétique de son bâti municipal, la Ville optimise son pilotage grâce à un système d'Eco datas qui permet notamment de détecter en temps réel les fuites.
  • La Ville maintient son soutien aux commerçants.

Coûts de l'énergie et des denrées alimentaires : des charges qui augmentent

  • La hausse du coût de l'énergie est la raison principale de la progression des dépenses de gestion courante avec plus d'un million d'euros de hausse entre 2025 et 2026.
  • L'augmentation du prix des denrées alimentaires, qui s'accompagne de la hausse de la fréquentation dans les cantines scolaires (+0,1 M€) et de l'augmentation de l'approvisionnement en produits bio (avec l'objectif d'atteindre les 100% d'ici la fin de mandat) impacte le budget de la Ville avec une hausse de 300 000 € par rapport à 2025.

En dehors de ces postes en forte hausse, l'évolution des dépenses de gestion courante est proche du niveau de l'inflation constaté en 2025, autour de 2%.

Des recettes en légère hausse

Les recettes de fonctionnement évoluent d'environ 3%, passant de 370 millions d'euros en 2025 à 381 millions d'euros en 2026. Sur les 11 millions d'euros de hausse, 7,5 millions sont liés à la reprise de l'excédent de clôture du budget annexe de la ZAC Atalante Champeaux.

Après retraitement de cette recette exceptionnelle, l'évolution n'est plus que de 1%, du fait principalement de la faible dynamique de la fiscalité et des dotations, qui représentent 86% des recettes de la Ville de Rennes.

Les recettes de fiscalité directe progressent en effet très faiblement (+0,2%) par rapport au BP 2025, soit +0,3 M€. Si la revalorisation forfaitaire votée par le parlement et la croissance physique des bases d'imposition sur les trois taxes (taxe foncière bâtie et non bâtie et taxe d'habitation sur les résidences secondaire - THRS) engendrera mécaniquement une progression des recettes de 3,3 millions d'euros, celle-ci est compensée négativement par des produits de THRS moins élevés qu'anticipé en 2025 (manque à gagner de 2,9 M€), du fait d'un nouvel ajustement des bases par l'État. Le BP 2026 prend ainsi acte de cette nouvelle correction, qui fait suite aux nombreux dégrèvements accordés en 2024 par l'État du fait de la mise en œuvre de l'obligation de déclaration des locaux d'habitation, qui s'était accompagnée de nombreuses erreurs.  Dans ce contexte, la hausse globale des recettes de fiscalité (directes et indirectes) de 1,9 million d'euros par rapport au BP 2025 est principalement liée au redressement des recettes de droits de mutation (DMTO) prévu en 2026, compte tenu de la reprise du marché de l'immobilier observée en 2025. Cette dernière recette fiscale est inscrite à hauteur de 13,7 millions d'euros au BP 2026 contre 12 millions d'euros inscrits au BP 2025.

Si ce ralentissement de la dynamique des recettes de fiscalité se confirme, dans un contexte de forte pression sur les dépenses de personnel lié à la hausse des cotisations CNRACL, il viendra accentuer le découplage, amorcé en 2023 avec la baisse des recettes de droits de mutation à titre onéreux (DMTO), entre l'évolution des charges et celle des recettes, appelé effet ciseau. Pour rappel, les DMTO sont des recettes perçues par la Ville lors des transactions immobilières et directement liées au dynamisme du marché immobilier.

Un haut niveau d'investissement se poursuit en faveur de la transition écologique

Dans un contexte incertain aussi bien à l'international qu'au national, la Ville de Rennes maintient, avec près de 91,4 M€ de dépenses d'équipement, un niveau élevé d'investissement sur les politiques publiques  au cœur des grandes orientations municipales : transition écologique, accès à la culture et au sport, renouvellement urbain, rénovation et extension du patrimoine scolaire, maintenance et rénovation pour améliorer la performance énergétique des bâtiments publics.

Pilotage de l'action publique : premier poste d'investissement de la Ville

Avec plus de 22 millions d'euros d'investissement, le pilotage de l'action publique devient le premier poste d'investissement de la Ville.

En 2026, ces investissements concernent :

  • La poursuite des travaux de rénovation énergétique et de rénovation du bâti municipal ainsi que d'aménagements de locaux pour les équipes techniques qui s'élèvent à plus de 10 millions d'euros.
  • Le développement des systèmes d'information et du numérique avec 5,8 millions d'euros d'investissement.
  • La gestion du parc d'engins et de véhicules, dont la création d'infrastructures pour le parc électrique, pour laquelle le budget primitif dédie 5,5 millions d'euros d'investissement.

Les autres grands projets d'investissement

  • Le second poste d'investissement concerne l'enfance, la jeunesse et les politiques éducatives qui s'élèvent à 18,9 millions d'euros d'investissement avec :

    - Pour la petite enfance, 4,8 millions d'euros  consacrés à la finalisation de la rénovation de la crèche Henri-Wallon (plus d'1 M€) et la construction de la crèche du site Bois-Perrin (plus de 3 M€) pour créer de nouvelles places.

    - Pour le temps scolaire : 11,1 millions d'euros dédiés à la maintenance du patrimoine scolaire et à la restructuration des groupes scolaires dont celui de Guyenne (2,8M€) et d'Albert-de-Mun (plus de 3M€). Des études pré-opérationnelles sont également menées pour les groupes scolaires Trégain, Colombier et Châteaugiron-Landry. Par ailleurs, 1,3 M€ sont alloués aux travaux de maintenance du patrimoine scolaire. Et 0,5 M€ sont dédiés, comme en 2025, à la transformation des cours d'école pour les adapter aux enjeux du changement climatique et aux nouveaux usages.

    - Pour le temps extrascolaire et périscolaire : 2,9 millions d'euros sont prévus pour la restructuration et l'extension du restaurant du groupe scolaire Clemenceau (1,5 M€), pour l'acquisition de matériel et de mobilier pour les cantines et pour l'étude sur l'adaptation des cantines scolaires à l'objectif zéro plastique.

Parmi les autres opérations structurantes :

  • 15,5 millions d'euros pour le secteur de l'aménagement durable et solidaire : pour le renouvellement urbain au Blosne-Est (2 M€), à Maurepas Gros-Chêne (6 M€), aux Portes de Saint-Malo (0,8 M€), dans le centre ancien (2 M€) et des études pour le réaménagement de la dalle Kennedy-Villejean (0,1 M€).

  • 10 millions d'euros pour la création et la rénovation du patrimoine sportif
    - Avec l'achèvement de la piscine de Villejean (3,2 M€) ;
    - La rénovation d'équipements : les études pré-opérationnelles relatives à la rénovation thermique de la piscine de Bréquigny (1 M€) et à la rénovation globale de la piscine Saint-Georges (0,5 M€), la rénovation des gymnases Volclair (plus d' 1 M€), le réaménagement du dojo régional de Bréquigny (0,45 M€) et les études pré-opérationnelles pour le gymnase Albert de Mun et pour l'extension des locaux sportifs du stade Robert Launay.

  • 9, 1 millions d'euros pour la qualité des espaces publics : 4,6 millions d'euros recouvrant principalement l'aménagement et la maintenance des espaces verts (3,4 M€). Cela inclut notamment la poursuite des travaux des prairies Saint-Martin (0,75 M€), la plantation d'arbres (0,24 M€) et l'aménagement de liaisons pour les modes actifs de déplacement (0,24 M€). Et 4,5 millions d'euros pour l'accompagnement des opérations de voirie et des investissements liés au plan de lutte contre les déchets abandonnés.

  • La mise en œuvre des projets votés par les citoyens (4,5 M€)

  • La sécurité des espaces publics : l'extension des installations de vidéo protection et la dotation de caméras piétons pour la police municipale (1,3 M€) .

  • Le développement de la vie associative de proximité avec 1,2 M€ principalement pour l'entretien des bâtiments et pour des subventions destinées aux équipements de quartier et aux fédérations.

  • La valorisation du patrimoine pour 1,2 million d'euros pour la fin de l'aménagement des Portes Mordelaises et des travaux de l'église Saint-Melaine. Et près de 2 millions d'euros pour l'entretien des équipements culturels et l'enrichissement des collections du Musée des beaux-arts.

  • 1 million d'euros dédié à la mise en accessibilité des établissements publics recevant du public, 0,6 million d'euros à l'accompagnement à la création des centres de santé et 1,1 million d'euros au soutien à l'aménagement de locaux sociaux.

Bon à savoir : le budget municipal en dataviz   

https://budget.metropole.rennes.fr/ (lien externe)

  • 235 000 habitants
  • 19 405 élèves en maternelle et primaire, dont 14 600 dans les 89 écoles publiques de la Ville
  • 14 000 repas préparés chaque jour par la cuisine centrale de la Ville de Rennes
  • Plus de 7 000 associations actives
  • 223 équipements sportifs (bâtis et extérieurs)
  • 500 espaces sportifs de proximité
  • 11 équipements culturels en régie (dont 6 métropolitains)
  • 6 espaces sociaux communs pour l'accueil des usagers dans les quartiers
  • 19 crèches municipales