Le budget 2026 de Rennes Métropole s'élève à 1 milliard 88 millions d'euros

5/02/2026

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Les élus métropolitains ont adopté ce jeudi 5 février le budget primitif 2026 de Rennes Métropole. Le soutien aux services publics de proximité et à la transition écologique et sociale restent les pierres angulaires du projet métropolitain : 1 088 millions d'euros y seront consacrés (le budget primitif 2025 s'élevait à 1 094 millions d'euros).

Pour cette dernière année de mandat, le budget 2026 de Rennes Métropole s'inscrit dans la continuité des priorités portées depuis 2020, tant en fonctionnement qu'en investissement, au service des habitantes et des habitants et de la transition écologique et sociale. Cette trajectoire est maintenue en 2026 malgré un contexte budgétaire incertain, lié au vote tardif de la loi de finances 2026 et à la confirmation d'une contribution des collectivités territoriales, jugée disproportionnée au regard de leur poids réel dans les finances publiques. Le budget consolidé 2026 s'élève à 1 088 millions d'euros, dont 580 millions d'euros consacrés aux dépenses de fonctionnement et 508 millions d'euros aux investissements.

Les dépenses de fonctionnement progressent de 8 millions d'euros par rapport à 2025, une évolution principalement liée au dynamisme des politiques de transports urbains, d'élimination des déchets et d'assainissement. Cette hausse est partiellement compensée par une maîtrise renforcée des dépenses sur le budget principal, dans un contexte de ralentissement de la dynamique des recettes, en partie liées à la baisse des recettes de TVA transférée par rapport à ce qui était initialement prévu par l'État.

Dans ce cadre contraint, Rennes Métropole poursuit ses engagements, notamment en matière de transition écologique, de mobilités, d'aménagement, d'habitat et de solidarités.       

Un contexte national incertain

Comme l'année dernière, le budget 2026 de Rennes Métropole a été adopté dans un contexte d'incertitude puisque, au moment de sa préparation, la loi de finances n'avait toujours pas été adoptée.

Au regard de ces probables ponctions, les discussions budgétaires se sont déroulées sous le signe de la responsabilité. Hors évolution des participations aux budgets annexes et effet de la hausse des cotisations CNRACL décidée en 2025 par l'État et échelonnée sur 4 ans, les inscriptions au budget principal 2026 progressent de +0,4% par rapport au budget primitif 2025, soit un rythme d'évolution inférieur à celui de l'inflation.

Jusqu'à ce lundi 2 février, de fortes incertitudes persistaient quant au montant de l'effort demandé aux collectivités territoriales. L'adoption de la loi finances acte finalement la contribution de Rennes Métropole à hauteur de près de 13 millions d'euros.

Cette prudence se justifie d'autant plus qu'il faut ajouter aux effets des mesures de la loi de finances, la baisse de nombreuses enveloppes de financement en provenance de l'État (financements ADEME, fonds verts, crédits ANAH, agences de l'eau...) ainsi que l'absence de dynamique des recettes de TVA transférée en 2026 du fait de la stagnation des recettes de TVA au niveau national en 2025 (manque à gagner supplémentaire estimé à 4,3 millions d'euros).    

Le budget dit "consolidé" de Rennes Métropole comprend plusieurs budgets distincts :

  • Le budget principal
  • Les transports urbains
  • La gestion des déchets
  • L'assainissement
  • Les réseaux de chaleur
  • Le centre des congrès
  • Les Zones d'Aménagement Économiques (ZAE) et les Zones d'aménagement concertés (Zac)
  • Le crématorium
  • La production d'énergie photovoltaïque
  • La dissociation foncier économique

    Pour rappel, les trois budgets les plus importants de Rennes Métropole sont : le budget principal, les transports urbains et la valorisation des déchets.

    À noter : le Programme Local de l'Aménagement Économique (PLAE) pour la période 2023-2035, adopté par le Conseil métropolitain en septembre 2024, prévoit une dissociation du foncier et du bâti qui sera assurée par la signature de baux à construction sur des fonciers économiques maîtrisés par Rennes Métropole ou ses concessionnaires. Pour gérer ces baux à constructions et dans l'attente de la mise en place d'une structure externe dédiée à ce nouveau dispositif, un nouveau budget annexe métropolitain "Dissociation du Foncier économique" a été créé en 2025.      

    Un niveau ambitieux d'investissement : 508 millions d'euros

    En 2026, la Métropole poursuit ses efforts d'investissement en faveur des transitions écologiques, notamment dans le domaine des mobilités, de l'aménagement et de l'habitat. Par ailleurs, Rennes Métropole continue de soutenir à hauteur de 30 millions d'euros, tous budgets confondus, différents acteurs du territoire (institutions, acteurs locaux, associations), soit une légère hausse de 1 million d'euros par rapport à 2025.     

    Une évolution modérée des dépenses de fonctionnement

    Les dépenses de fonctionnement évoluent de 2,5%, soit +7,9 millions d'euros par rapport au budget primitif 2025. Cette hausse intègre notamment :

    • La variation des participations aux budgets annexes (+4 millions d'euros) avant les reprises de résultat,
    • Le transfert de charges lié à la prise de compétence sur le réseau de fibre optique rennais (+0,83 million d'euros)
    • Et l'impact de la hausse des cotisations employeurs CNRACL décidée en 2025 par l'État. Échelonnée sur 4 ans, cette mesure a un impact budgétaire de 1,3 millions d'euros pour la seule année 2026 et de 3,2 millions d'euros si on cumule les effets 2025 et 2026.

    Les inscriptions 2026, retraitées de ces éléments afin de mieux évaluer la dynamique des dépenses liées à la mise en œuvre des politiques publiques métropolitaines, se chiffrent à 320 millions d'euros, en hausse de +1,2 millions d'euros, soit +0,4% par rapport au budget primitif 2025. Cette évolution, en-dessous du niveau anticipé de l'inflation, traduit une volonté de prudence dans un contexte de forte incertitude sur les impacts de la loi de finances 2026.       

    Quelques projets structurants pour le territoire

    • Le dispositif de la carte Sortir ! : Depuis 2010, la carte Sortir permet aux habitants à revenus modestes de profiter de l'offre culturelle et sportive à prix réduits. En 2024, 57 000 personnes l'ont utilisé et 1100 structures partenaires y participent, dans 39 communes. À travers Sortir !, Rennes Métropole réaffirme son engagement pour un accès équitable aux pratiques culturelles, sportives et de loisirs, au service de la cohésion sociale et de l'émancipation des habitantes et des habitants.  
    • L'augmentation de capacité de la ligne a : Les travaux ont débuté en 2025 pour une mise en service prévue en septembre 2028. Ce projet mobilisera 162 millions € sur 2025-2030. Il comprend plusieurs volets : achat de 7 nouvelles rames, création d'un 2e quai à la station JF Kennedy, création d'une arrière-gare où sera déplacé l'aiguillage de retournement existant et adaptation du système automatique (poste de commande centralisé, système de pilotage).  
    • Plusieurs actions en faveur de l'agriculture et de l'alimentation durable : mise à disposition de foncier pour des installations en agriculture biologique, soutien à l'installation via des prêts d'honneur bonifiés, accompagnements individuels et collectifs des agriculteurs, valorisation de la vente directe par le guide Manger local, valorisation des métiers agricoles... Diverses actions sont menées pour maintenir environ 55% de terres agricoles sur le territoire métropolitain et réduire l'usage des pesticides de synthèse, en cohérence avec l'ambition « zéro pesticide de synthèse » en 2030.  
    • Les Repair quartiers pour une transition écologique accessible à tous : le projet Repair Quartiers vise à développer dans 5 quartiers prioritaires des équipements de proximité afin de faciliter le don, le partage d'équipements, le réemploi et la réparation. Il s'agit de rendre la transition écologique concrète, facilement accessible et d'en faire un vecteur de justice sociale. Déjà sur les rails : un tiers-lieux dédié au « faire soi-même » porté par les Compagnons bâtisseurs à Maurepas, une ressourcerie café à Bréquigny. D'autres projets sont en cours dans les quartiers de Cleunay, du Blosne et de Villejean.      

    Un budget qui renforce la solidarité entre les communes de la métropole

    Rennes Métropole dispose depuis 1992 d'une dotation de solidarité communautaire au bénéfice de ses communes visant, comme le prévoit la loi, "à réduire les disparités de ressources et de charges entre ces communes".

    La dotation de solidarité communautaire (DSC) constitue l'un des instruments majeurs de soutien financier aux communes de l'agglomération. Elle représente le 4ème poste de dépenses au budget principal de la métropole et son enveloppe progresse ces dernières années, malgré un contexte budgétaire de plus en plus contraint. Rehaussée en 2022 et en 2025, l'enveloppe dédiée à la DSC s'élève à près de 36 millions d'euros en 2026.

    À Rennes Métropole, son principe est simple : réduire les écarts de ressources et de charges entre les 43 communes du territoire et garantir à chaque habitant, qu'il vive en cœur de métropole ou dans une commune plus rurale, un accès équitable aux services publics. La contribution de la métropole aux communes avoisine 74 € par habitant en moyenne. À titre de comparaison, en 2024, la moyenne de la DSC versée par les métropoles en France était de 28€/habitant.        

    Des recettes de fonctionnement en baisse

    Le budget métropolitain, tous budgets confondus prévoit :

    • 706 millions d'euros de recettes de fonctionnement en 2026 (730 millions en 2025) ;
    •  78 millions d'euros de recettes d'investissement en 2026 hors emprunt (59 millions en 2025).

    Les recettes de l'ensemble des budgets (hors emprunt) proviennent principalement de la contribution des entreprises (18%), de la TVA transférée par l'État (40%) et des recettes de contributions des ménages (8%), de redevance et contributions usagers (10%) et des dotations et participations de l'État (10%).

    Au total, pour le budget principal, les recettes de nature fiscale s'élèvent à 257 millions d'euros, en recul de près d'1 million d'euros par rapport à 2025, du fait principalement d'une moindre dynamique des recettes de TVA transférée par rapport à ce qui était initialement prévu par l'État.

    Principale ressource du budget principal, ces recettes de TVA transférée en contrepartie de la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales et de la CVAE, décidées ces dernières années par le gouvernement, sont en baisse de 2% par rapport au budget primitif 2025, à 156 millions d'euros, soit une perte de ressources proche de 3 millions d'euros.

    Le produit de la fiscalité "ménages", composée de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties (également payées par certains acteurs économiques), diminue d'un peu plus de 1 million d'euros et approche les 16 millions d'euros, soit une baisse avoisinant les 6,4% (de BP à BP). Cette évolution, à taux de fiscalité inchangés, s'explique notamment par un produit 2025 finalement moins élevé que l'estimation faite au stade du BP 2025 (-1,48 M€) du fait d'un ajustement par l'État des bases prévisionnelles 2025 lié à d'importants dégrèvements accordés en 2024.

    >> La dataviz sera consultable sur budget.rennes.metropole.fr        (lien externe)

    Rennes Métropole en quelques chiffres